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Nouveau « baccalauréat »

M. Yves Détraigne appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur la mise en oeuvre de la réforme du baccalauréat, telle que prévue pour 2021. Il semblerait, en effet, que, sur le terrain, les équipes enseignantes s'inquiètent de l'application pratique de ces nouvelles dispositions et s'interrogent sur l'intérêt et les objectifs affichés par ladite réforme. Ainsi, sur la « liberté de choix » et les parcours « plus diversifiés » offerts par les « enseignements de spécialités », les professeurs pronostiquent déjà que des menus prédéfinis devront être imposés aux élèves et que les anciennes filières (démantelées par la réforme) seront artificiellement recréées, sous peine de ne pouvoir gérer les emplois du temps... Le ministère prévoit également un « allègement » annoncé du baccalauréat. Les élèves ne passeront en effet que peu d'épreuves en fin de terminale. Cependant, en classe de première, les lycées auront une semaine de partiels dès les mois de janvier, une autre en mai et deux épreuves anticipées de français en juin. De même, en classe de terminale, ils auront à nouveau une semaine de partiels en janvier, deux épreuves de spécialités en mai et enfin, les épreuves de grand oral et de philosophie en juin. L'allègement annoncé semble donc plutôt compromis lorsqu'on ajoute, en plus, le fait que les lycéens seront également soumis au contrôle continu tout au long des deux années de scolarité... Rappelons que les élèves qui passeront le « nouveau bac » en 2021, sont actuellement en classe de seconde et suivent les « anciens » programmes. Cela signifie qu'en première, dans de nombreuses matières, des compétences du « nouveau » programme seront à approfondir alors qu'elles n'auront pas été étudiées en classe de seconde... Beaucoup d'observateurs se demandent par conséquent s'il n'aurait pas été plus simple de mettre en oeuvre la réforme pour 2022, la classe d'âge concernée par la réforme du bac étant celle qui a déjà subi la réforme du collège et du brevet... Au vu des nombreuses interrogations qui demeurent mais également de l'opposition de plus en plus importante qu'elle suscite dans le corps enseignant, il lui demande donc d'étaler la mise en place de la réforme pour permettre, d'une part, aux élèves actuellement en seconde de passer l'ancien baccalauréat et, d'autre part, un meilleur dialogue et une meilleure collaboration avec les professeurs afin qu'ils se saisissent pleinement de la réforme.

Question n° 09391 adressée à M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse publiée le : 14/03/2019